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nane ou Belgique. Ces deux ar

1.0 ticles seront suivis d'un troisiè

La Germanie , selon Strabon. me, qui comprendra les maurs & usages de la nation Germaine. Après la conquête de la Gau

le par Jules César, les Romains 1.

se contenterent d'une lisière de De la Germanie proprement

la Germanie

feulement par dite.

rapport à la Gaule , & autant

que le voisinage les engageoit La Germanie proprement di

nécessairement à ces guerres. te, étoit un païs d'Europe, vers Une ou deux victoires acquéle centre de cette partie du roient le surnom de Germanimonde habitée par divers peu cus au Général qui les avoir ples, auxquels le nom de Ger- remportées ; les Ubiens étoient mains étoit commun. Comme ce plutôt alliés que sujets du peupaïs n'a pas toujours eu les mê- ple Romain ; & Varus, qui mes bornes, nous examinerons voulut s'avancer jusques dans le ce que les anciens Géographes païs que nous appellons aujournous en apprennent en divers d'hui la Westphalie , y perdit tems. Nous serons obligés d'a la vie & son armée. On ne doit voir recours aux Grecs & aux donc pas s'étonner de ce que Romains, parce que les Ger Strabon dit : » Alexandre nous mains ayant long-tems mené une » 'a ouvert une grande partie vie féroce & guerrière , ont » de l'Alie, & les parties sepnégligé eux-mêmes le soin de » tentrionales de l'Europe jura leur histoire, & en confioient » qu'au Danube ; mais, les les principaux évènemens à une » Romains nous ont ouvert toutradition qui ne fubfiftoit qu'à 5) te la partie occidentale de la faveur de leurs chansons. » l'Europe jusqu'à l'Elbe, qui Le païs des Germains n'étoit » coupe la Germanie

par

le guère connu des Romains, mê. » milieu. « Ce passage fait voir me du tems de Néron. On peut que, du tems de ce Géographe, juger de leur ignorance à cet qui a vécu sous Augufte & sous égard, par le faux portrait qu'en Tibere , les Romains ne confait Sénèque. Les Germains ont, noissoient de la Germanie, mêdit-il, un hiver perpétuel, un me imparfaitement, que ce qui ciel triste , une terre stérile , eft en-deçà de l'Elbe. » Ce qui nulle habitation, point d'autre » est au-delà de l'Elbe , le long demeure

que
celle que

la lalli » de la mer , poursuit-il, nous tude leur permet de se faire le » est entièrement inconnu, & soir jusqu'au lendemain, » nous ne sçavons pas que quelmauvaise nourriture qu'ils n'ac » que personne ait navigé le quierent qu'avec peine , des » long des parties orientales corps presque nus, &c.

jusqu'à la mer Caspienne :

une

Ô mais ni les Romains n'ont Bructeres. Il dit que du côté » jamais été au-delà de l'Elbe, du midi, la Germanie touche » ni personne n'a jamais fait ce aux Alpes , & qu'il y a des » chemin à pied. « Pour bien montagnes de même nom , qui entendre ce passage de Strabon, s'étendent vers l'Orient, quoiil faut sçavoir que quelques que moindres que celles d'ItaAnciens ont cru que la mer lie. Il met dans la Germanie la Cafpienne communiquoic au forêt d'Hercynie, & les peuples nord à l'Océan Scythique par Sueves dont quelques-uns haun bras de mer assez long. Peut- bitent dans la forêt, & les auêtre avoit-on pris l'embouchu tres dehors. re du Volga pour une commu Il place ensuite les Coldu. nication de cette mer à une au les , entre lesquels étoit Boviastre. Ainsi, Strabon croyoit qu'on mum , résidence du roi Maropouvoit passer de la mer que boduus; & les Marcomans , qui nous appellons aujourd'hui mer y avoient été tranférés par ce d'Allemagne, continuée par la Roi. Il y ajoûte les nations que ce mer Baltique, dans la mer de Prince avoit vaincues; sçavoir, Scythie ; & de-là dans la mer les Luii , les Zumi, les ButoCaspienne, par cette communi nes, les Mugilones, les Sibini & cation que l'on sçait à présent les Semnone's

peuple d'entre être chimérique.

les Sueves. Car , selon lui, la Strabon ne connoisloit de la nation des Sueves étoit trèsGermanie, que ce que les guer- grande, & s'étendoit depuis le res d'Auguste , de Drusus, de Rhin jusqu'au-delà de l'Elbe, Germanicus & de Tibere en & confinoir avec les Geres. avoient découvert. Ii la borne Il y avoit au-delà de l'Elbe, au couchant par le Rhin , de les Hermundures & les Lancopuis sa source jusqu'à son em- sargi. Ce dernier nom eft corrombouchure, & dit que quelques- pu, c'est Langobardi. Strabon uns de ceux qui habitoient le dit qu'ils vivoient à la façon long de ce fleuve, avoient dé des Nomades. Il fait ausli men-, jà été transportés dans la Gaule tion de quelques moindres peupar les Romains; [il entend les ples de la Germanie; sçavoir , Ubiens & une partie des Si les Chérusques, les Chattes, cambres ] que quelques - uns les Gamabriviens, les Chattuas'étoient retirés plus avant dans riens. le païs, comme les Marses , & Il range le long de l'Océan qu'il n'étoit demeuré que peu les Sugambres, les Chaubes, de Sicambres près du Rhin, les Bructeres, les Cimbres, les Entre le Rhin & l’Elbe, qui ont Cauques , les Caulques & les un cours égal vers l'Océan, il Campsiani. place l’Ems, sur lequel Drusus Il donne un même cours à donna un combat nayal aux l'Ems, au Wéser & à la Lippe;

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mais il se trompe ; les deux premières se perdent dans l'O. céan , & la troisième dans le Rhin. Il nomme aussi la rivière de Sala, & dit que Drusus mourut entre la Sala & le Rhin. Entre les illes qui bordent la Germanie, il dit

il dit que Burchanis fut prise par Drusus.

Dans la description du triomphe de Drusus, lorsqu'il fait le dénombrement des peuples vaincus, il change quelques noms. Il appelle Carheilci ceux qu'il avoit auparavant nommés Caulci ; il y nomme Ampsani ceux qu'il appelle ailleurs Campfiani; & aux Bructeres , Cherusques , &c. il ajoûte des nations dont il n'avoit rien dit ; sçavoir Nusipi , Landi & Subatrii. Il

compte entre l'Elbe & le Rhin une diftance de trois mille ftades en droite ligne. Il dit,

Qu'au milieu de la forêt

d'Hercynie, est une contrée • près-habitable , auprès de la» quelle sont les sources du

Danube & du Rhin, qui ont » entre elles des marais, où o les eaux du Rhin se répan

dent; que le lac a plus de » trois cens ftades de circuit , * & près de deux cens de tra

jet; que dans ce lac il y a » une isle dont Tibere fe fit un » lieu de retraite au combat » naval qu'il donna contre les » Vindéliciens ; car , » ce lac & la forêt d'Hercynie » sont plus avancés au midi » que les sources du Danube, » il faut nécessairement que

quand de la Gaule on veut

» aller à cette forêt, or parte » ce lac , enfuite le Danube, » & que l'on traverse des païs >> plus commodes pour les voya» geurs , & des plaines entreo coupées de montagnes, pour » arriver à la forêi. Tibere » étant parti du lac, après une » marche d'un jour, arriva à la » source du Danube. Les Rhé»thiens confinent un peu au » lac ; les Helyétiens & les » Vindéliciens y confinent da» vantage. Après cela, eft le » désert des Boïens jusqu'à la » Pannonie. Tous , principa» lement les Helyériens & les » Vindéliciens , habitent des » plaines accompagnées » montagnes. Les habitans de >> la Rhétie & du Norique s'é» tendent jusqu'au sommet des

Alpes, vers l'Italie, & con» finent les uns avec les Insü

briens, les autres avec les 32 Carniens, & aux lieux voi. »» fins d'Aquilée.

» Il y a aussi , poursuit ce » Géographe , une autre gran» de forêt nommée Gabreta , » après laquelle on trouve les » Sueves, puis la forêt d'Her

cynie que les Sueves occu. » pent aussi, s

On voit par cous ces détails, avec quelle confusion la Gern manie étoit connue sous Tibe. re. Voyons le tableau qu'en fait Pomponius Méla.

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comme

La Germanie selon Pomponius

Méla. Après avoir décrit le cours

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du Rhin, depuis sa source juf >> l'Hercynie & quelques autres qu'à l'embouchure nommée Fle » qui ont des noms particuliers ; vus, il poursuit ainsi : » La » celle-là o cupe un terrein » Germanie eft formée par

la » de deux mois de chemin ; & >> rive de ce fleuve, depuis là » comme elle est la plus gran» jusqu'aux Alpes; au midi par » de, elle eft la plus connue. » les Alpes, à l'orient par les » Les plus hautes montagnes » nations Sarmates, & au sep » sont Taunus & Rhetico; les aub) tentrion

par

l'Océan. Les » tres ont des noms qu'un Ro» Habitans font grands, féro » main ne sçauroit prononcer. » ces & courageux; ils entre » Les rivieres qui coulent » tiennent leur courage par » de-là en d'autres païs , sont » des guerres continuelles, & » le Danube & le Rhône; cel» accoûtument leurs corps à la >> les qui tombent dans le Rhin, >> fatigue. Dans le plus grand » font le Mein & la Lippe ; » froid , ils sont tous nus, avant » celles qui se rendent dans » qu'ils aient atteint l'âge de » l'Océan, sunt l’Ems, le Wé»> puberté, & chez eux on y » ser & l'Elbe qui sont très» parvient assez tard. Les hom » célebres. Au-dessus de l'Elbe » mes sont vêrus d'un feutre » eft le golfe Codanus, rempli » grofler, ou d'écorces d'ar

» d'illes, tant grandes que pe» bres, au fort de l'hiver; ils » tites..... C'est dans ce golfe » aiment avec pafion à se bai » que sont les Cimbres & les » gner. Ils font la guerre con » Teutons ; & au-delà d'eux, » tre leurs voisins, & en font » les Hermons, les derniers » naître les prétextes , selon » de tous les Germains. « Voi » leur caprice. Leur droit con là à quoi se réduit ce que l'on » fifte dans la force ; ils n'ont sçavoit de la Germanie sous » point de honre de voler , & Claude. » se contentent d'être bons en» vers leurs hôtes, & doux à » l'égard de ceux qui les fup

La Germanie selon Pline. » plient. Ils mangent de la Pline, qui vivoit fous Vef» chair crue, le contentent de pasien, eut occasion d'en ap>> la presser dans son cuir , avec prendre davantage ; car, selon » les mains & les pieds. une des lettres de Pline le jeu

» Le païs eft entrecoupé de ne, il servit en Germanie, & » rivieres, hérissé de monta écrivit en vinge livres les guer» gnes, & impraticable en beau res des Romains contre les Ger. » coup de lieux, à cause des mains. Cet ouvrage , qui est » bois & des marais. Les plus perdu, lui servit , sans doute, » grands marais font Suélia ; beaucoup pour la Géographie » Extia & Melsiagum; les forêts insérée dans son histoire natu» les plus conlidérables font selle. Il n'en parle cependant

3.

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