網頁圖片
PDF
ePub 版

France, dont il a recemment fait la connaissance. Je l'ai rencontré l'autre jour en sortant de chez vous, et il m'a reçu d'une manière si refroidissante, que le vent d'Est ne m'a pas rechauffé depuis plusieurs jours. Je l'ai vu à l'opera l'autre soir, où il n'a pas daigné tourner la tête pour me regarder. Je l'ai rencontré chez le peintre, où il m'a reçu si comiquement que Bouffé aurait été jalous de ce rôle. Je l'ai vu chez notre ami le Duc de B-, où il m'a donné une main morte, et lorsque je l'ai regardé (très peu à la verité), j'avais peine à concevoir que c'etait le même bon camarade avec lequel vous et moi avons passé de si bonnes soirées, et eu de si agreables et spirituelles conversations. Vous me dites que c'est ma faute que nous ne sommes plus amis, et vous me grondez de my thin skin, et bien, pour me conformer à vos desires j'ai été trois fois à sa maison. Il etait sorti avec son polichinelle de Enfin au milieu de tout cela je suis assuré de bonne part qu'il se donne les airs d'imaginer que je me suis conduit mal pour lui. Concevez vous cela, bon Quin, vous qui savez ce qu'il en est, et combien j'avais de l'amitié pour lui. Je desire donc que vous lui parliez: tachez de le voir-cela sera pourtant une chose assez difficile-car il se croit maintenant homme d'état, destiné a tenir le gouvernail des affaires de la Grande Bretagne ; de sorte qu'il est toujours entouré d'un tas de courtisans lesquels flattent son amour propre et l'empechent de se servir de son bon sens. Comme il se leve à 8 heures du matin pour aller dejeuner avec le Premier, et qu'il se couche à 1 heure la nuit pour rever politique, choisissez adroitement un entre acte ; le fait est, bon Quin, que je suis assuré qu'il a beaucoup plus d'amitié pour vous que pour moi maintenant, chose qui incontestablement prouve son esprit et son jugement éclairé; mais qui est neanmoins peu flatteur pour votre ami affectionné,

“Alfred D'ORSAY. “P.S.- Vous avez, mon cher, une manie insupportable, celle de toujours defendre les absens. Ne savez vous pas qu'il y a un proverbe Français qui dit que les absens ont toujours tort? Cette mode dure toujours, et que diable ! vous qui êtes le pink of fashion, devez suivre la mode."

“ Mercredi. “MON BON Quin,-Viens donc drop in à 74 heures ; nous comprendrons alors ce que ces dames ne peuvent pas comprendre. Il est etonnant que l'homme que nous aimons le mieux au monde, soit à peu près celui que nous voyons le moins. Eh bien! T. F. a rencontré mes parens à Paris et les a tellement bragué sur son amitié et admiration pour moi qu'ils se sont imaginés que c'était un attachement d'enfance que je les avais caché; c'est pourtant à toi que je dois ce succès parmi toutes les choses que je te dois. Scélerat d'homme, je t'embrasse. Ton meilleur ami,

D'Orsay."

“Paris, Mardi. “Mon cher Ami,-Je puis bien dire que dans toute ma vie je n'ai jamais ressenti un aussi grand chagrin que celui de perdre, pour un instant même,

VOL. II.-I!

vous.

l'illusion que vous étiez mon plus sincere ami, vous ! un ami d'enfance presque ; car Quin nous sommes ami depuis 1815, vous à qui je dois tant, même plus que la vie, et moi qui ne rêve qu'après le jour où je pourrai vous donner les preuves d'une affection plus que fraternelle. Le monde est bien méchant et bien envieux pour aller jusqu'à vouloir faire croire que vous êtez infidel à l'amitié, je pense, et même j'insiste pour que vous alliez voir Det que vous lui demandiez de ma part qui à eu l'impudence de lui parler ainsi de

Vous direz à D que je n'ai pas pris la peine d'écrire à l'egard de L---, car je n'y attache pas d'importance. Vous c'est un cas tout particulier. D— m'ecrivait, ne comptez pas trop sur les amis d'Angleterre. Il me mettait même en garde contre A précisement dans le moment que je recevais deux lettres de lui dans la même semaine. Je n'ai pas pris la peine de relever aucune de ces insinuations, mais pour vous c'etait trop fort, celà m'allait droit au cæur. Voyez le donc je vous en prie.* “ Je vous embrasse de tout mon cœur. « Votre affectionné

ALFRED. “P.S.—J'ai obtenu pour Mr. de C une des meilleurs places que l'on puisse obtenir en France, 16,000 francs par an, qu'on ne peut jamais lui oter ; et retraite pour lui et sa veuve. Donc le mariage se fera le 22d de ce mois.”

1

“Samedi, 1846. “Quin! Blagueur imperturbable! depuis que tu vis dans un espèce de Vatican, en Mount Street, tu te donnes des airs comme les successeurs des Cæsars ne s'en donnent pas ; et tu ecris que je ne fais que m'amuser, lorsque je travaille huit heures par jour. Pense donc, qu'en m'arretant à ta porte c'est mon cæur qui m'arrète “malgré’ bon gré (comme dit la celebre Step—), et que c'est une chance de hasard que je cherche pour te voir puisque tu a la petitesse de nous abandonner. Oh Quin! l'eussc te cru!! Oui je te plains comme un auf, de n'avoir pas vu ces dames depuis si long temps, et je te felicite de ne m'avoir pas recontrè, car entre mon amitié si demonstrative et mon courroux si intempestif je t'aurais remodellé, ce que aurait pu produire peut être une belle statuette pour la galerie de ton Palais Quirinale.

"La comtesse chaque jour dit comme refrain, comme c'est drole que Quin ne vient pas, et qu'il donne pour excuse qu'il est obligé d'aller voir des malades à Kensington.

“Relis cette lettre souvent, elle te poignardera à l'endroit sensible, car tu as du cœur Quin, mais je crains qu'il engraisse. “Ton vieux pupille,

D'ORSAY." ? * D'Orsay was laboring under an erroneous impression when he wrote this letter. or all men, Dr. Quin is the last person who would be likely to prove forgetful of the obligations of friendship, either toward the absent or those present.-R. R.M.

"Octobre bième, 1846. "Cher Quin, aimable ami, ne m'ecris pas si souvent, car réellement je n'ai pas le temps de repondre à toutes tes lettres que tu ne m'envoyes pas. Ah! tu ne trouves pas six heures de disponibles pour faire une partie de campagne avec nous, et tu te sauves pour des semaines, plantant tous tes choleras, et tous tes malades, et amis in olables : rais tu suivi l'exemple de Let serais-tu parti pour te marier? S'il en etait ainsi je te souhaite heures de bonheur-sacré vilain humbug. Ton ami malgré tout, ALFRED."

“Gallant Uomo,-Non cognosco lo il cuoco. C'est Galeotto Capece de Duci di Regina chi m'a detto che era un stupendo ripostiere cuocissimo. Ainsi addressez vous à regina et ne me compromettez pas. Car je ne recommande les gens qu'à coup sur; et si vous voulez absolument vous assurer du merite de ce cuisinier, vous pouvez en donnant un diner chez vous, et m'invitant être assuré que je vous dirai exactement ce qu'il en est. “Reponse s'il vous plait et tout à vous. “Votre ami affectionné,

D'Orsay."

[ocr errors]

“Ce Vendredis, 30eme Juillet, de l'année trente quatre de l'Homæopathie. “L'AMI Quin,—C'est sans doute parceque je me porte comme le Pont Neuf que tu ne passes plus chez moi. Je t'en prie, fais moi la grace de penser moins à l'Homæopathie et un peu plus à l'amitié. J'y gagneraisans quoi, je serai obligé de retomber malade expres pour avoir le plaisir de te voir ; ce n'est, certes, pas une raison parceque tes doses sont si reduites que tes visites doivent se ressentir de la methode. Adieu, brave Quin.

“Est ce que tu as juré de ne jamais plus diner chez nous ? il y a si long tems qu'on ne te voit plus que ma fois je commence à le croire. “ Tout à toi,

ALFRED."

"Le 20 d'Avril, Kensington Gore. “MAUVAIS FARCEUR de Quix,-Comme tu te moques de moi hier à C H—! et me fais avaler des bêtises et fais rire tout le monde à mes depens. Je ne sais diable comment tu fais, mais pas un dans tout le Grande Bretagne a le talent de me mettre dedans comme toi, avec tes sacrées histoires et ta mine si comiquement serieuse. J'avoue j'étais fairly sold mauvais plaisant que tu es. Mais mon bon Quin je t'en prie ne vas pas dire comme tu as fait hier en riant c'est vrai-que je commence à baisser c'est à dire que je n'ai plus autant d'esprit qu'autrefois ; vois tu, si on repete cela dans le monde comme venant de toi, diable m'importe si on ne le croira pas ? et il y a un tas d'imbecilles qui seront enchantés de te citer comme l'ayant dit, et, badinage à part, cela ne me conviendra pas de tout. Je veux conserver non seulement la reputation de l'esprit que j'ai, mais bien plus, tout l'esprit qu'on me prête-comprends tu cela? Soit donc bon enfant, sans quoi je dirai partout que l'homæopathie ne vaut rien.

Cependant, ingrat que tu es, je suis malgré tout, aujourd'hui comme toujours, ton ami à la vie à la mort,

ALFRED D'Orsay."

“38 Rue de la Ville l'Evêque, Paris, Mardi (Avril, 1849). “Mon Bon Quin,-- J'ai eu un depart imprevu, heureusement, que je suis safe de ce côté. Il a fallu que je me decide de partir à 3h de la nuit pour ne pas manquer le Dimanche. Ces dames vous raconteront qu'une de mes premières pensées ici a été pour vous, Vous' le voyez par ce peu de mots. Aimez moi toujours de loin, car je vous aimais bien de près. “ Votre meilleur ami,

ALFRED."

LETTRE DE M. ALFRED DE VIGNY AU COMTE D'ORSAY. “Je partais pour Birmingham, cher ami, lorsque j'ai reçu livre et billet de ta part: me voici en pleine forge à present, observant les Cyclopes dans leur antre-et j'en ai déjà les mains noires. J'oublie l'odeur du charbon en lisant le voyage de Lady Blessington, et il me semble que je respire un beau bouquet arrivé de Florence. Je vois passer bien des noms que je connais, et je serai heureux d'en parler avec l'auteur de ce charmant livre et des gracieuses fantaisies.

“C'est une aimable chose que cette galerie de portraits qui commence par celui de la voyageuse. J'ai et le peintre et les tableaux avec moi, cela me fait bien plaisir et je y reviendrai tous les jours.

“Comme la patrie nous fait toujours, Lady Blessington, au milieu de Venise, n'a pas resisté au plaisir de peindre une campagne Anglaise–c'est un paysage, c'est un tableau de genre d'une verité charmante et dont l'etendu montre le plaisir qu'elle prend à cette promenade ideale qu'elle prefere bien au reel voyage. Et ce pauvre Byron, je le retrouve partout grace à elle, que je la remercie d'en parler encore et en vers si melancholiques. Je crois en verité qu'il se promene et s'assoit entre elle et toi. Gore House est son Westminster Abbey. Que c'est bien, que c'est rare de savoir se souvenir ainsi—que l'on merite d'être aimé pour cela. Garde ce souvenir de bonheur toute ta vie. N'oublie pas ton ami,

ALFRED DE VIGNY."

No. III.

LETTERS OF COUNT D'ORSAY TO R. R. MADDEN, AND SOME CORRESPONDENCE

IN RELATION TO HIS STATUETTES, &c. “You must have seen by the newspapers that I have completed a great work, which creates a revolution in the Duke of Wellington's own mind, and that of his family. It is a statuette on horseback of himself, in the costume and at the age of the Peninsular war. They say that it will be a fortune for me, as every regiment in the service will have one, as the duke says publicly that it is the only work by which he desires to be known, physically, by portraits. They say that he is very popular in Portugal and Spain. I thought

possibly that you could sell for me the copyright at Lisbon to some speculator, to whom I would send the mould. What do you think of it? Inquire.

“D'Orsay.”

“Gore House, May 9th, 1845. “My dear MADDEN,—I wish that you would protect, with all your strength, power, and eloquence, the contemplated project of a rail-road between Lisbon and Madrid. The name is Vaughan et Cie; my nephew, the Duke de Guiche, is one of the directors, and Tom Duncombe and General B- will be the active men with the Portuguese government, as that government owes him a great deal of gratitude for his services, and Palmella and M-are of opinion that he will succeed in obtaining the concession, because governments are very generous when they can oblige without putting their hands into their own pockets. B- is going very soon to Lisbon; he will see you, and you must aid him, and I am sure that you will be glad to do it. We have received the Portuguese papers that you sent me, and what is very curious is, that, without knowing one word of that language or Spanish, I could understand them perfectly well. “ Lord H

is a great friend of B ; in fact, he is a great favorite at Lisbon, which will aid the undertaking. The old instituteur of the king, and who is his chamberlain, is devoted to B-; Mr. Deutz, I think, his name is. “Lady Blessington sends you her kindest regards.*

“ Believe me always yours most faithfully, Count D'Orsay."

[ocr errors]

“Gore House, Thursday. “I was fain to believe that you had bolted at once to Ireland, particularly without saying adieu.

• I hope that you won't find a ship direct for Havre.

“Miss Power has communicated your letter to me. It was precisely about Tojalt that I wanted to speak to you. I know his man of business in the

* Count D'Orsay, in the difficulties of his position in 1845, vainly looked to various visionary speculations for the means of extricating himself from embarrassments that were, in fact, overwhelming and insurmountable. A schedule of his liabilities, which I have seen, was prepared by him in 1845, with a view to some arrangement with his creditors, whose claims then amounted to £107,000 (and these claims did not comprise many debts to private friends, which were not likely to be pressed, or which could not be enforced, probably amounting to about £13,000 more). In the event of such expected arrangement being made, an idea was entertained of procuring for him “the benefit of the act"-in plain terms, of declaring him a bankrupt; but there were difficulties in the way of identifying him with some legitimate commercial or agricultural pursuit. One of the most remarkable illusions at the period above referred to, which took possession of his mind, was the hope of making a vast and rapid fortune by succeeding in the attempt of the alchymists of old, of converting the baser metals into gold! Some foreign schemers and impostors had persuaded the count they had discovered the great arcana of alchymy, and all that was wanted was tho necessary funds to set to work. The poor count lived to see the folly of this speculation ; like that of many other schemes suddenly adopted in his difficulties, they began brilliantly, and ended in a bubble.-R. R. M. + The Minister of Finance in Portugal in 1845.

« 上一頁繼續 »