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Au reste, comme c'est sur vous que pèse la responsibilité du choix ou du maintien des agents diplomatiques, je ne vous impose point Boissy, mais je vous déclare que je considérerai comme une injure personnelle sa révocation.

“M. le Ministre, puisque je cite textuellement les paroles de M. de Lamartine, permettez-moi de rapporter textuellement aussi, moins trois, celles que je prononçai. Je lui dis : Je vous remercie beaucoup, monsieur ; si je ne leur conviens pas, qu'ils aillent. . . . . Par des relations anciennes et nouvelles, en un mot, par une réunion de circonstances que j'appellai exceptionnelles, je puis plus que, qui que ce soit, être utile en ce moment. Eh bien, me dit M. de Lamartine, vouz avez Rome d'ou vous venez, voilà qui est dit, c'est chose faite.

“ Plus tard les idées de M. de Lamartine se modifièrent, quant au lieu ; il me dit. Il faut que vous alliez à Florence ; c'est petit de nom, petit en apparence, mais c'est pour le moment le point important; il nous faut la près du théâtre de la guerre, près des légations, à cheval entre Rome et Turin, sur les lieux ou se prépareront et ce décideront les grands événemens, un homme actif comme vous l'êtes, qui connaisse bien le pays, qui y soit connu, qui y soit aimé; allez à Florence pour deux ou trois mois, puis je vous donnerai Rome ou Naples ou Turin.

“Soit, dis-je, parce que vous me le demandez, et parce que c'est vous qui resterez encore quelque temps ministre des affaires étrangères. J'ajoutai : on dit que . . . . va à Madrid, vous feriez bien mieux de l'envoyer à Rome ; lui et moi avons toujours été d'accord en politique ; tous deux placés en Italie, l'un près de l'autre, nous marcherions ensemble, et évidemment nous servirions mieux. M. de Lamartine trouva mon avis juste et bon, l'ambassade fut à l'instant même destinée . . ., toujours avec promesse que je l'y remplacerais quand il la quitterait, que s'il ne l'acceptait pas j'irais certainement trois mois après si je voulais. La difference radicale qui existe entre la politique d'alors de M. de Lamartine et celle suivie aujourd'hui, politique se révèle tout entière dans l'esprit qui préside au choix de certains agens diplomatiques. Qu'il me suffise de dire en peu de mots, Monsieur le Ministre, que quand j'acceptai une mission en Italie, il ne s'agissait nullement d'aller y faire de la propaganda, de vouloir républicaniser de force l'Italie entière, mais au contraire, de la laisser maîtresse d'elle même, en lui conseillant toutefois la fédération après qu'elle serait parvenue, seule si elle le pouvait, avec notre secours, si elle en avait besoin et le réclamait, à s'affranchir de l'étranger.

“Soyez-en certain, l'Italie vraie (j'appelle ainsi l'immense majorité de ces hommes dont le patriotisme éclairé, la haute intelligence ont préparé l'affranchissement et la régénération de l'Italie), l'Italie vraie ne rêve point un remaniement general de territoires ; elle veut des changemens importans, des reformes profondes et non pas comme le disait M. Guizot, et comme le disent aujourd'hui certains de vos agens, perturbateurs par état, par habitude, par necessitè, elle ne veut pas passer à l'état de république unique à l'état de républiques diverses. Ce qu'elle veut, ce qu'elle a raison de vouloir, ce qu'elle aura,

c'est la fédération des divers etats. Ce que doit vouloir la France, ce que sa politique doit favoriser, c'est la fédération des divers etats de l'Italie et non leur fusion en un seul, quelle que soit d'ailleurs sa forme de gouvernement.

“La commission executive est-elle dans le vrai, n'est-elle pas, au contraire, dans une erreur qui pourrait devinir fatale à la république Française, quand elle croit qu'une condition essentielle de vie pour la république est de n'avoir pour voisins que des etats à gouvernement républicain ? Vaut-il mieux pour la république de n'avoir pour voisins que des etats en république, ou des etats à gouvernemens de formes differentes ? Si tous les etats voisins de la France étaient républicains, n'auraient-ils pas à redouter au moins, la guerre des principes ? n'auraient-ils pas alors à calculer, pour être nos alliés ou nos ennemis, uniquement les chances de la victoire par les armes ? Des états monarchiques n'auraient-ils pas au contraire à se préoccuper vivement, en outre, de la puissance des armes, qui est la même dans l'un et l'autre cas, de ce qu'ajoutera à la puissance des armes le secours de la guerre de principes ?

“Peu de jours après le 24 Fevrier, M. de Lamartine me demanda si je voulais servir la république, si j'accepterais une mission à l'étranger. Je lui repondis que oui, à la condition que la mission qu'il me donnerait ne serait point une sinecure, qu'y aurait des services réels à y rendre, que cette mission ne serait que temporaire, conservant l'opinion constamment soutenue par moi à la tribune sur les incompatibilités. M. de Lamartine me demanda de lui indiquer quel pays je préférais, quelle mission je voudrais. Je repondis : Rome, Turin, ou Naples, car c'est en Italie que par l'étude que j'ai faite en Italie même de sa situation politique, de ses besoins, de ses hommes, de leurs idées, que par les sympathies, que je m'y suis acquises dans toutes les classes, je puis être utile.

M. DE Boissy, Ancien Pair de France."

In the preceding letter there are some observations well deserving of attention on the impracticability of all attempts to combine the several states of Italy in one great Italian sovereignty or republic, and on the practicability and desirableness of the confederation of the several principal Italian states in separate federal republics, and not the fusion of so many heterogeneous elements, each with its separate nationality, peculiar interests, particular circumstances, and distinct character and traditions.

CHAPTER II.

L. E. L.

“ When the lamp is shattered,

The light in the dust lies dead;
When the cloud is scattered,

The rainbow's glory is shed.
When the lute is broken,

Sweet tones are remembered not ;
When the lips have spoken,

Loved accents are soon forgot.
“ As music and splendor

Survive not the lamp and the lute,
The heart's echoes render

No song, when the spirit is mute.
No song ; but sad dirges,

Like the wind through a ruined cell,
Or the mournful surges
That ring the dead mariner's knell."

SHELLEY. Peculiar circumstances enable me to give some details respecting the brief career and death of Miss Landon, at Cape Coast Castle, perhaps more to be relied on than any previous accounts that have been given to the public by the friends of Mr. Maclean, or those who have been influenced by them.

Letitia Elizabeth Landon was born at Chelsea in 1802. Domestic occurrences had unfortunately led to a separation of L. E. L. from her family at an early period, and her residence with comparative strangers, who eventually, however, became her warmest friends. Miss Landon possessed qualities eminently calculated to gain esteem and affectionate regard-great warmth of feeling; a peculiar charm of manner and address; an affectionate, loving nature ; a simplicity of mind, wholly free from affectation; a guileless character, childlike in many of its traits; devoid of all suspicion of evil intentions and designs, and yet not free from impulsive tendencies and some degree of willful

ness.

These very qualities, united with an intensely acute sensitiveness and almost morbid sensibility, which made her keenly alive to injuries, and slights, and misrepresentations, were made instrumental to the designs of malevolent people, who inflic wrongs and insults on her, and persecuted her for years with calumnies and slanders, rendering a great part of her brief but most unhappy career one continued scene of unmerited annoyances and sufferings.

The extent to which these vexations went would almost seem incredible; but facts have come to my own immediate knowledge which leave the matter beyond all possibility of doubt. Her anonymous and mysterious tormentors for years together, before her unhappy marriage, worried her almost continually with anonymous letters, filled with accusations, menaces, and invective.

Her peace of mind was more than disturbed by these diabolical efforts to annoy her-it was destroyed by them; and when laboring under recent inflictions of outrages of this sort, all her energies, bodily and mental, were disordered and impaired by them: the first paroxysms of suffering were usually followed by syncopes, spasms, tremors, and convulsive attacks, approaching to epileptic seizures; and when the violence of this nervous agitation would cease, the would come int vals of the most profound dejection of spirits. If the wretch or wretches whose wicked machinations produced those melancholy results had only witnessed them, on a single occasion of the infliction of these torments, nothing could be wanting to the triumph of their artifices save the unhappy marriage to which this poor lady was driven by despair, and the catastrophe that might be expected for the sequel of such a union.

Many traces of that deep-seated melancholy and dreariness of mind, and weariness of life too, are to be found in the writings of Miss Landon, and even in some of the earliest as well as in the latest of them.

In 1838, “Flowers of Loveliness," with poetical illustrations, were edited by L. E. L.; and one of the most exquisite of her small poems, full of poetic feeling, but indicative of profound

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melancholy, appeared in that volume. In this poem, entitled “The Clematis,” there are some stanzas well worthy of being recalled :

“ Around the cross the flower is winding,

Around the old and ruined wall;
And with its fragile flowers binding

The arch with which it soon must fall.
“Saint Mary's shrine is now laid lowly,

Shiver'd its wondrous rainbow panes,
Silent its hymns—that pale flower solely

Of all its former pride remains.
“ Hush'd is the ancient anthem, keeping

The vigil of the silent night ;
Gone is the censer's silver sweeping,

Dim is the sacred taper's light.
“True, the rapt soul's divine emotion

The desert's wind to heaven may bear;
'Tis not the shrine that makes devotion

The place that sanctifies the prayer.
“But yet I grieve that, thus departed,

The faith has left the fallen cell ;
How many born and broken-hearted

Were thankful in their shades to dwell!
“Still is the quiet cloister wanted

For those who look with weary eye
On life, hath long been disenchanted,

Who have one only wish, to die.
“ How oft the heart of woman, yearning

For love it dreams but never meets,
From the world worn and weary turning,

Could shelter in these dim retreats!
“ Then were that solemn quiet given,

That life's harsh, feverish dreams deny ;
Then might the last prayer rise to heaven-

My God! I prithee let me die !" The Annual from which these lines are extracted was for the year 1839; but it was published in December, 1838. It is to be borne in mind that her death took place on the 15th of October, 1838.

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