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“Une passage de votre lettre me fait aussi de la peine et augmente mes indécisions. Vous me dites, faites moi connaitre si vous viendrez chez moi, afin que je puisse renoncer à tout autre engagement pour vous recevoir.'

“Ma chère Lady Blessington, je désire bien de passer quelques jours avec vous, et très vivement, car j'ai pour vous les sentiments de la plus sincère amitié, et votre esprit, et votre âme élevée et sensible, donnent à votre societé un charm au delà de toute expression pour moi, mais si pour me laisser jouir de ces avantages, vous voulez renoncer à d'autres engagements, alors je ne pourrai plus accepter votre offre. Ce serait de ma part de l'egoisme.

"Je crois partir d'ici avec le paquebột à vapeur de Dimanche nuit. Il part d'ici à minuit, et il arrive Lundi d'onze heure à midi à Londres.

“ T. GUICCIOLI."

*

“Paris, 7th August, 1839.-44 Rue Basse des Rempart. “MA CHÈRE AMIE,—Votre Journal de Voyage en Italie est delicieux. Je l'ai lu d'un bout à l'autre sans presque quitter mon fauteuil. La modestie du titre de ce charmant ouvrage doit confondre tous ceux qui se faisent une occupation d'ecrire leurs impressions de voyage, ne savent y mettre une centieme partie de la finesse, de la grâce, de la profondeur d'observation que vous grande dame

vous avez su y mettre. “Quant a ce qui me regarde personellement je dois vous remercier, ma chère amie, car vous m'avez donné la une page que je me sens loin de meriter.

" Je n'irais pas en Italie cette année ; l'objet principal de mon voyage aurait été d'aller tenir compagnie à mon père, et soulager un peu la douleur de mon frère qui se trouve à la veille de perdre sa jeune épouse, car lui même m'ecrit qu'il a perdu toute espérance, et toute illusion, et qu'elle ne peut plus survivre que quelques semaines encore.

“Adieu, ma chère Lady Blessington. Mille choses au cher comte, et croyez moi comme je vous aime. Votre amie sincère, T. GUICCIOLI."

“Paris, ce 22 Mars, 1839. “C'est avec un bien grand plaisir que je profite du retour de Mr. Moore à Londres, pour venir vous rapporter les expressions de mon amitié. Il y'a bien longtemps que je suis sans lettres de vous, je ne pense pas dire que je sois privée de vos nouvelles, car vous êtes en possession d'une place sociale trop remarquable pour qu'on puisse se passer de vous mettre à contribution, pour donner de l'interet aux conversations, et aux écrits de tous les pays civilises. Je sais donc très bien de vos nouvelles ; assez de ces manifestations de vie extérieure que vous abandonnez au public, mais cela ne peut pas contenter ceux qui vous aiment, et qui ont été admis dans le sanctuaire de votre vie intime. Ce qui me manque et que je voudrais, c'est le mot adressé à moi qui m'assure de votre bien être, et me repéte ce dont je ne doute pas, mais qui fait tout le bien à s'entendre dire encore et encore, le mot amitié. Vous de

* Four words illegible.

vriez donc vous imposer la tâche de me l'écrire ; sure toutefois que je ne vous garderais pas rancune si vous ne le faites pas, ni même pour ne m'avoir pas accusé reception de la lettre que je vous ai écrite de la compagne de mon père dans le mois de Septembre dernier.

" Je vous informais dans cette lettre des recherches jusqu'alors inutiles faites à Venise pour trouver la correspondence de Lady M. W. Montague avec le Comte Algarotti, mais pour ne pas augmenter le volume de ma lettre je ne vous envoyais pas le Journal de Venise qui contenait l'annonce. Je le fais pourtant aujourd'hui, non pas que je pense que vous puissez avoir besoin de cette preuve pour être persuadée qu'on s'est occupé de cette recherche, mais parceque je désire que vous en ayez un témoignage de plus pour vous justifier auprès de la personne qui s'etait adressé à vous pour cette recherche.

“J'ajouterai encore que l'article corrigé ensuite et augmenté par moi est resté pendant tout un mois dans le journal, et que rien n'a été opposé à Mr. Brunetti, secretaire du Comte Guiccioli.

“Veuillez donc, ma chère Lady Blessington, me charger en dédommagement de cette infructueuse recherche d'une commission où je puisse être plus heureuse. Je n'ai pas non plus oublié Bianca Capello, mais le succés a oublié me porte. J'en suis encore même pour cette recherche au désir et au regret.

"Je ne vous donne pas des nouvelles de Paris. Que pourrais-je ajouter que vous ne sachiez déjà sur ce dramme politique qui se développe, et tient en haleine tout le monde, presentant à l'entre des scenes étranges et grosse d'avenir et des turpitudes. Ce qui se passe à cette heure, est plutôt le triomphe des mauvais principes, sur les bons, triomphe qui s'appui plutôt sur des passions que sur des convictions.

“Cependant il faut attendre pour juger acteurs et drame. On dit qu'à cause de ces préoccupations politiques, l'hiver a été moins brillant pour la partie de la societé tres active au plaisir. Mais pour moi, je ne m'en suis guère aperque, la part que j'en demande pour moi est si modérée, qu'elle ne me manque jamais.

“ Et vous, ma chère Lady Blessington, comment gouvernez vous votre santé. Comment plutôt pouvez vous bien la gouverner, lâchant la bride comme vous faites à toutes les exigences, à toute l'activité de votre intelligence. Les beaux fruits que le monde recueille avec tout d'avidité et de plaisir ne substrairont ils pas trop la substance de la vie ?

“Quand vous verrais-je donc? Il me semble déjà toute une vie d'absenco qui me separe de ce plaisir, et sans la necessité ou pour un nouveau malheur je vais me retrouver peut-être retourner cet été en Italie-je crois bien que je serais venue vous voir. Helàs ma chère Lady Blessington, ce malheur qui menace ma famille est bien grand, c'est la perte de ma jeune belle sæur, qui se meurt de la même terrible maladie qu'a déjà mis le deuil tout de fois dans ma famille, la consomption. Au commencement de l'hiver à l'occasion de mon depart, elle m'a accompagnée jusqu'à Boulogne, et là une toux sans aucune caractère grave s'est déclarée. On l'a traitée comme un rhume ordi

naire, et maintenant elle est aux portes du tombeaux, à 19 ans. Mon frère est désolé, car il l'aimait tendrement, et elle le méritait sous tous les rapports. C'est lorsque cet evenement si lugubre aura lien que j'irais rejoindre de nouveau mes parents, pour tâcher de mettre un peu de baume sur leurs douleurs.

“Veuillez bien je vous prie me rappeller au bon souvenir du cher Comte D'Orsay, et dites lui aussi que je serais bien heureuse de nos luttes, et de croiser d'encore nos lances, ne fut-ce que pour la beauté du fait et pour accomplir des belles emprises, comme dit le dilettanti de la chevalerie. Et vous, ma chère Lady Blessington, veuillez croire à l'amitié la plus devouée,

“T. GUICCIOLI."

“Ravenna, 18 Octobre, 1840. “Comme vous voyez, ma chère amie, par la date de cette lettre je me trouve au milieu de ma famille à la campagne. J'y suis depuis presque deux mois mais j'en partirai bientôt et après avoir passé deux autres mois entre Florence et Rome j'ai le projet de me rendre à Paris pour y finir mon hiver. C'est la'où j'esperè du moins recevoir de vos nouvelles. Si Florence ou Rome ou quelq'ue autre partie de l'Italie pouvait produire quelque chose qui vous fut agréable je n'ai pas besoin de vous dire comme je serais heureuse de recevoir vos ordres et si vous vouliez me procurer le plaisir d'une de vos lettres mon adresse est egalement Rome, Florence, mais Ravenne plus surêment encore poste-restante car mes parens sauraient où me la faire parvenir.

* Adieu, ma très chère amie, milles amitiés au Comte D'Orsay, et à vos charmantes nièces, et croyez à tout mon dévouement.

T. GuiccioLI."

LETTER FROM MADAME LA MARQUISE DE BOISSY (LATE COUNT

ESS GUICCIOLI).

23 Rue d'Anjou, Paris, ce 20 Juin, 1848.* “MA CHÈRE AMIE,—Votre lettre et les nouvelles que m'ont apporté de vous mes amies les Sampieri, m'ont fait un bien grand plaisir. Vous les avez comblés de ces politesses dont personne ne connait autant que vous le secret enchanteur, car personne ne posséde plus que vous tant ce qui en fait le charme, le cæur, la grace, l'esprit. Enfin ils emportent avec eux votre souvenir, et le souvenir de tout ce, et de tous ceux qui vous entourent, comme la réalization de ce qu'ils ne croyaient peut-être qu'un idéal. Agreez mes remerciments pour toutes vos bontés pour eux.

Vous recevrez en meme temps que cette lettre un numero d'un journal qui a un grand succès pour son courage, et son bon sens. Dans ce journal vous y trouverez une lettre de Mr. de Boissy, qui vous expliquera comment, et pourquoi nous n'irons pas en Italie avec la mission diplomatique qu'il avait acceptée. Je suis certaine que l'esprit de la lettre et la noble franchise de la

* This letter was written within a few days of les grandes journées de Juin.R. R. M.

rédaction vous plairont, et obtiendront aussi l'approbation du cher comte, auquel vous direz 1000 choses affectueuses de ma part. Quelque grand que fut le désir d'aller remplir cette mission en Italie pour s'éloigner de ce terrain volcanique où des explosions terribles nous menacent tous les jours ; il était cependant impossible à un homme d'honneur de l'accepter dans les conditions actuelles, lorsque on voit évidemment que c'est une propagande républicaine qu'on impose à la diplomatic. Pour le moment nous resterons donc en France, et même à Paris, à attendre les evénemens qui ne peuvent manquer d'arriver, et bien graves hélas je le crains, car l'horizon est bien chargé, bien troublé! L'état actuel, le gouvernement, et le ministère (si de ce nom regulier on peut appeler cette agglomeration d'hommes, d'elements discordants, hétérogeneux, incroyables, anarchiques, qui sont à la tête des affaires de la France dans ce moment), tout cela n'a aucune condition de vie. Si pourtant ou laisse vivre cet embryon monstreux c'est par crainte de pire, c'est parceque les partis son nombreux, point organisés, point dessinés, c'est parceque l'assemblée n'a pas le courage de sa mission, c'est parceque le spectre hideux de Blanqui et Compagnie est là, toujours devant leurs yeux pour les empêcher de monter à la tribune, ou pour refouler leurs paroles dans leurs gosiers lorsque leur conscience porterait la vérité à leurs levres. C'est qu'une assemblée qui a besoin d'une armée permanente pour se défendre, et qui ressemble (moins la forme) à une forteresse prise d'assaut et ne peut pas être indépendante. Ajoutez à celà que les chefs des Socialistes, Communistes, les Prudhons, les Leroux, les Louis Blancs (qui devraient trouver leur places dans des maisons de Santé, car évidemment leur esprit est malade), siégent pourtant à l'assemblée, et que le Socialisme en germe, en tendance est la même, dans le pouvoir exécutif, et dans les ministères ; de sorte que, on a tout lieu de craindre que à tout acte de courage de l'assemblée, on crie à la réactions, et on lâche l'armée Socialiste en blouse dans les rues. Pensez à tout celà ma chère amie et des lors ne vous étonnez pasque cela dure encore. Mais cependant, la crise ne peut pas être bien eloignée. La nomination du Prince Louis Bonaparte,* à l'Assemblée a été pour le gouvernement une surprise dont il est furieux. Il n'y a pas d'effort qu'il ne ferà, pour la faire échouer de nouveau, mais je ne pense pas qu'il y réussira. Je puis vous assurer que le parti du Prince Louis est tres fort et il le serait bien plus, si les honnêtes gens qui voudraient l'ordre partout ne s'en défiaient pas un peu, le voyant porté par le parti qu'on appelle la république rouge, et même par les communistes. Mais toutefois son parti est très fort, et dans les provinces, et les campagnes surtout, ce nom de Bonaparte et d'empire exerce un prestige immense. La constitution a été lu hier à l'Assemblée pour la discuter et voter. On propose un président, et déjà on nomme le Prince Louis.

“Si le Prince Louis peut sauver cette pauvre France sous quelque nom que ce soit, il sera le bien venu. Lamartine a ell un moment la destinée de la France dans ses mains, mais son association avec Ledru Rollin et Louis Blanc

* Illegible.

l'a perdu ; il espère cependant de ressairir la popularité. Je vous raconte des faits, mais quant à faire des présages, je n'en ai pas la témérité, après ce que nous avons vu, et ce que nous verrons peut-etre.

“ Heurez vous autres qui savez et pouvez avec une poignée de constables éloigner tous les dangers, et jouir d'une prospérité qui s'accroit encore avec les débris de notre naufrage.

“ Heureuse aussi ma belle patrie jusqu'à présent! Son héroisme l'a vengée en forcant le respect de ceux qui voulaient bien l'aimer sans la respecter. A Rome, on a ouvert les Chambres, mon frère Hyppolite a été élu deputé à l'unanimite par sa province. Il m'écrit de Rome ou il est avec sa famille. Le Marquis Guiccioli est dans la Chambre haute ainsi que beaucoup d'autres de mes parents et amis dans l'une ou l'autre chambre. Jusqu'à present tout s'y passe bien : mais comme je vous l'ai d'ici on organise une puissante propagande armée et non armée qui pourra si on reussit à la jetter sur notre chère Italie, la ruiner !!

“On me dit que Londres est bien brillante, bien magnifique cette année. Pauvre France !

“ J'aurais été bien heureuse de passer l'hiver en Italie avec vous ; mais qui sait ?

“Mille amitiés au cher comte, de la part aussi de mon mari : et mon souvenir affectueux à votre niece charmante, Mlle. Marguerite. “Aimez moi comme je vous aime. “ Votre amie dévouée,

MISE. DE Boissy."

In the letter of Madame la Marquise de Boissy, where reference is made to the expected employment of the marquis in a diplomatic position in Italy, there are passages which it would be impossible to comprehend without noticing some portions of rather a remarkable letter of the marquis, published in “L'Assemblée Nationale," du Mardi, Juin 20, 1848.

À M. BASTIDE, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

"Paris, le Juin 10, 1848. “ Monsieur LE MINISTRE,–Voici quelles sont les paroles, que Monsieur Lamartine m'a eu adressé, il y a de hier Samedi 8 jours. Vous avez été sur le tapis à la séance du gouvernement; je vous en préviens, Bastide ne veut pas de vous; il vous trouve trop aristocrate, pas assez republicain, il croit que vous voulez la régence. J'ai repondu :'• Réellement ! Est-ce qu'il m'a jamais cru democrate à la façon de quelques uns de nos démocrates de ruisseaux, et republicain dit de la ville ? Il a raison, et qu'avez-vous repondu ? J'ai répondu, me dit M. de Lamartine, quand j'ai nommé Boissy, j'ai cru nommer un homme de cæur et d'intelligence ; je l'ai connu et le maintiens peur tel. Quant à être republicain, il l'était autant que nous avant la république.

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