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should lead to great virtues. He who does evil is blind—he who is unregulated is deprived of reason—his conduct proves that he mistakes his own nature, is ignorant of what is due to himself and others, of the value of self-esteem and of the esteem of those around him—he is not an enlightened man. If he be insensible to the offices of benevolence, to the approbation and kindness of his associates he differs in nothing from brutes—if he do not see that his vices lead to his own destruction, he is not an intelligent being, whose great aim is self preservation—if he do not know and appreciate the inestimable advantages of society, and the means to render it useful and agreeable, he is a mad-man, and not a friend to wisdom." p. 195.

M. Marsais ascribes all human infelicity to the effect of

f>rejudice; and as prejudice is the offspring of ignorance, he ays it down that the only remedy is truth and reason. In the following passages he sums up the mischiefs which arise from ignorance:

*' L'ignorance rend les peuples crédules; leur inexpérience et leur incapacité les oblige d'accorder une confiance aveugle à ceux qui s'arrogent le droit exclusif de penser pour eux, de régler leurs opinions, de fixer leur conduite et leur sort. Ainsi accoutumés à se laisser guider, ils se trouvent dans l'impossibilité de savoir où on les menè, de démêler si les idées qu'on leur inspire sont vraies ou fausses, utiles ou nuisibles. Les hommes qui se sont mis en possession de régler les destinées des autres, sont toujours tentés d'abuser de leur crédulité; ils trouvent pour l'ordinaire des avantages momentanés à les tromper; ils se croyent intéressés à perpétuer leurs erreurs ou leur inexpérience; ils se font un devoir de les éblouir, de les embarrasser, de les effrayer sur le danger de penser par euxmêmes et de consulter la raison; ils leur montrent les recherches qu'ils pourraient faire comme inutiles, criminelles, pernicieuses; ils calomnient la nature et la raison; ils les font passer pour des guides infidèles; enfin à force de terreurs, de mysteres, d'obscurités, et d'incertitudes, ils parviennent à étouffer dans l'homme le dèsir même de chercher la vérité, à écraser la nature sous le poids de leur autorité, à soumettre la raison au joug de leur fantaisie. Les hommes sentent-ils des maux et se plaignent-ils des calamités qu'ils éprouvent, leurs guides leur donnent habilement le change et les empêchent de remonter à la vraie source de leurs peines, qui se trouve toujours dans leurs funestes préjugés."

"To doubt the advantages of truth," he says, " is to doubt whether it be better for man to be happy than miserable, reasonable than irrational, virtuous than vicious, peaceable than furious—it is to doubt whether he walks more securely in open day than in the dark—whether it be more desirable to know the complicated sufferings that oppress him, and apply suitable remedies, or to languish on and perish in the lasting calamities which, unknown, threaten to overwhelm him." p. 24.

"Presque en tout tems et en tout pays les hommes sentent qu'ils sont malheureux, mais ne sachant à qui s'en prendre de leurs maux, quand ils sont portés à l'excès, ils aiguisent leurs couteaux et s'en frappent les uns les autres; enfin lassés de répandre du sang, ils s'arrêtent, et sont tout surpris de voir que leurs maux au lieu de diminuer n'ont fait que s'aggraver et se multiplier. Faute de connoître les remèdes qu'ils pourroient y appliquer, ils recommencent bientôt à se frapper de nouveau. C'est ainsi que nous voyons souvent les peuples par des révoltes, des massacres, des guerres civiles se venger d'un tyran qui les opprime pour tomber entre les mains d'un tyran nouveau, qui leur avoit fait espérer la fin de leurs misères. C'est ainsi que des nations fatiguées d'une superstition incommode et violente l'abandonnent quelquefois pour en adopter une plus douce, qui finit bientôt par les plonger dans de nouvelles disputes et de nouvelles fureurs, souvent pires que les premieres. En un mot nous voyons par toute la terre les hommes faisant des efforts pour adoucir leur sort sans jamais y parvenir. Us ne cessent de s'égorger que quand la vérité s'est montrée. En effet le caractere distinctif de la vérité est d'être également et constamment avantageuse à tous les partis, tandis que le mensonge, utile pour quelques instans seulement à quelques individus, est toujours nuisible à tous les autres."

What, indeed, has caused the slavery, wars, persecutions, and bloodshed, which we read of in almost every page of history ? What has caused the madness of those unfortunate beings who have given their bones to be crushed under the wheels of Jaggernaut? What caused a Lord Chancellor of England to put the tender frame of a young woman to the torture, because she differed from him upon the real presence, a doctrine which a Lord Chancellor of our days would blush to own? What caused the Court of Star Chamber to sentence Prynne to have his ears cut off, his nose slit, and his face stamped with a brand of perpetual shame, for writing against plays and lovelocks, when the very next age would have had the good will to subject his judges to the same punishment for upholding them—blind, monstrous prejudice.

After pointing out the effects of prejudice, our author proceeds to enquire if the people are susceptible of instruction, and if it be dangerous to enlighten them. The doctrine of the danger of enlightening the people, seems to be fast retreating to the damp and unholy cells from which it was first sent forth to desolate mankind, when knowledge was regarded as a portentous comet which, if it came too near the earth, would set the world on fire. It is no longer openly maintained, in our country at least, that men are better subjects or better servants, because they can neither read nor write, think, nor reason. But although this may be admitted as a general proposition, it is so far modified and restrained, that the mass of the people are only allowed to think and reason for themselves in such manner as those who have authority over them may, either from prejudice or interest, prescribe.

Insurrections and revolutions are not caused by the reading,thinking part of society, but by the uneducated populace, who being weighed down by an intolerable load of misery, are readily persuaded, by factious and ambitious men, to listen to any remedy, and apply it at all risks. Blinded by ignorance and prejudice, they rush to the destruction of each other; but instead of gaining any accession of happiness by the change, their last state frequently becomes worse than the first .

"Truth and reason never cause revolutions on the earth; they are the fruit of experience, which can only he exercised wheu the passions are at rest; they excite not in the heart those furious emotions which shake empires to their base. Truth can only be discovered by peaceful minds: it is only adopted by kindred spirits. If it change the opinions of men, it is only by insensible gradations—a gentle and easy descent conducting them to reason. The revolutions caused by the progress of truth are always beneficial to society, and are only burthensome to those who deceive and oppress it." p. 48.

To this succeeds the following passage, the latter part of which is eloquent.

"Le philosophe à force de méditer découvre la vérité; elle n'est si difficile à découvrir que parce que tout conspire à la voiler à nos yeux; perpétuellement adultérée par le mensonge, elle devient méconuoissablc; c'est en la séparant de l'alliage de l'imposture que le Sage la reconnoît; si sa nudité paroît d'abord choquante à des hommes prévenus, leurs yeux s'accoutumeront peu à contempler ses charmes naturels, sans doute bien plus touchans que tous les vains ornemens dont on la couvre et qui ne servent qu'à la défigurer. Avant d'être ornée, la vérité doit avoir des fondemens solides; elle doit ressembler à ces monumens d'architecture dans lesquels l'ordre le plus stable sert d'appui à tous les autres.

'** C'est au gouvernement et sur-tout à l'éducation qu'il appartient de rendre commune et populaire la vérité que le sage a tant de peine à découvrir; en vain l'auroit-il tirée du fond du puits, si l'autorité tyrannique la force d'y rentrer. L'expérience et l'habitude par viennent à facilitera l'homme du peuple, à l'artisan le plus grossier, des opérations très-compliquées; sommes-nous donc en droit de douter que l'habitude et l'expérience ne lui facilitassent de même la connoissance si simple des devoirs de la morale et des préceptes de la raison desquels dépend évidemment son bonheur? J'ai vu, dit Confucius, des hommes peu propres aux sciences, je n'en ai point vu qui fussent incapables de vertus.

"L'erreur n'est une maladie innée du genre humain, la guérison de son esprit n'est devenue si difficile que parceque l'éducation lui fait succer avec le lait un venin dangereux, qui finit par s'identifier avec lui, et qui, développé par les circonstances, produit dans les sociétés les ravages les plus affreux. Par-tout les empoisonneurs du genre humain sont chéris, honorés, récompensés; leurs attentats sont protégés, leurs leçons et leurs instructions sont chèrement payées; l'autorité suprême, complice de leurs iniquités, force les peuples à recevoir de leurs mains la coupe de l'imposture, et punit tous ceux qui refusent d'y boire. Par-tout les médecins qui possèdent le contrepoison de l'erreur, sont traités d'imposteurs, sont découragés, proscrits ou forcés de se taire. Si les gouvernemens donnoient à la vérité les mêmes secours qu'ils fournissent au mensonge, l'on verrait bientôt les folies des hommes disparaître et faire place à la raison. C'est dans 1 âge tendre que l'erreur s'empare de l'homme, c'est dans sa jeunesse qu'il se familiarise avec des opinions monstrueuses dont il est la dupe toute sa vie; si l'èducation parvient à lui faire adopter les notions les plus fausses, les idées les plus extravagantes, les usuages les plus nuisibles, les pratiques les plus gênantes, pourquoi léducation ne parviendroit-elle pas à lui faire adopter des vérités démontrées, des principes raisonnables, une conduite sensée, des vertus nécessaires à sa félicité?

"L'opinion, comme on a dit, est la reine du monde. Mais qu'est-ce que l'opinion? C'est la vérité ou la fausseté environnée de ténèbres. Si le mensonge pris pour la vérité, si la vérité enveloppée d'obscurité, gouvernent le monde, pourquoi la vérité simple ne piendroit-elle pas le même empire sur l'esprit des mortels? Si l'on refusoit ce pouvoir à la vérité, il ne faudrait plus dire que l'homme est un être raisonnable par son essence, il faudrait dire qu'il. est destiné à une éternelle déraison.

"Si la religion est parvenue à dégrader l'homme, à le rendre l'ennemi de lui-même et des autres, pourquoi la raison ne lui inspireroitelle pas de l'élévation, de l'estime pour lui-même, le dèsir de mériter celle de ses concitoyens? Si la superstition fait éclorre eu lui un zèle destructeur, un fanatisme dangereux, une ardeur fatale pour nuire, pourquoi une politique éclairée n'exciteroit-elle pas en lui la grandeur d'ame, la passion d'être utile, l'enthousiasme de la vertu? Si dans la Grèce et dans Rome l'on est parvenu jadis à former des peuples de héros; si les écoles d'Athènes se sont remplies de sages, en se servant des mêmes mobiles pourquoi désespérer aujourd'hui de faire naître au sein des nations des citoyens actifs, éclairés, magnanimes et vertueux? Estil donc plus aisé de faire un fanatique, un martyr, un pénitent, un dévot, un courtisan abject que de former un enthousiaste du bien public, un soldat courageux, un homme utile à lui-même et précieux aux autres? Est-il donc plus facile de briser que d'élever l'ame? La race humaine seroit-elle donc entièrement dégénérée?

"Ne lui faisons point l'injure de le penser; les mêmes ressorts auront toujours le même pouvoir sur les volontés humaines. Si nos institutions politiques veulent encore des citoyens, des héros et des sages, nous en verrons, sans doute; si nous ne trouvons par-tout que des superstitieux pusillanimes, des guides ignorans, des enthousiastes dangereux, des ministres incapables, des grands sans mérite, des esclaves rampans, c'est parce que la religion, le gouvernement, l'éducation et les opinions ridicules dont les nations sont infectèes, conspirent à ne former que des êtres abjects ou nuisibles à la patrie. (*) Pourquoi

(*) "Ceux qui cloutent de la possibilité de guérir les peuples de leurs préjugés, n'ont qu'à jetter les yeux sur les Anglois, les Hollandois, les Suisses, &c. qui se sont très-promptement guéris d'une partie des opinions de l'Eglise Romaine, qu'ils avoient longtems respectées, et des préjugés politiques qui les dans cette Espagne, si favorisée par la nature, ne vois-je par-tout que des dévots plongés dans la misère, indifférens sur la patrie, dépourvus d'industrie, étrangers à toute science? C'est que dans ce pays la superstition et le despotisme sont parvenus à dénatuier l'homme, à briser les ressorts de son ame, â engourdir les peuples; il n'existe point de patrie pour eux; l'activité et l'industrie leur seroient inutiles; la science seroit punie; l'oisiveté, l'ignorance et des connoissances futiles y sont uniquement honorées, encouragées, récompensées; le génie y est étouffé à moins qu'il ne se porte sur des objets méprisables; la nation ne veut que des superstitieux et des prêtres ; elle ne considère que les guides qui l'aveuglent, elle regarde comme un ennemi tout homme qui voudrait l'éclairer; elle fait bien plus de cas du fainéant qui prie que du soldat qui la défend; il n'est donc point surprenant si elle ne renferme ni citoyens, ni soldats, ni sages, ni talens. D'où viennent dans le midi de l'Europe ces moeurs si dissolues, ces fréquens adulteres, ces assassinats sans nombre? C'est que dans ces pays l'orthodoxie est la seule vertu; la religion y expie tous les crimes; des pratiques religieuses et la croyance de quelques dogmes absurdes tiennent lieu de la morale, et les écoles de la jeunesse ne retentissent que des disputes vaines et des subtilités puériles de quelques théologiens, qui employent leur génie à des objets totalement étrangers au bien-être des peuples.''

Those who reflect upon the veneration with which society regards that which exists, and the difficulty with which the commonest truths in science and mechanics have been established and adopted, cannot apprehend any real danger from the extirpation of prejudices, which must be the gradual work of time, and not the effect of any sudden revulsion of opinion. Nor are sovereigns really less interested than their subjects, in establishing the empire of truth and reason.

"Il n'y a que la vérité qui puisse désabuser les rois de ces vaines idées. Elle leur apprendra qu'ils sont des hommes et non des dieux; que leur pouvoir n'est point émané du ciel, mais emprunté des nations, qui les ont choisis pour veiller à leurs intérêts: que la législation n'est point faite pour être l'expression des caprices d'un seul ou de l'avidité d'une cour, mais des volontés générales de la nation qui s'y soumet pour son bien; que l'autorité est établie pour assurer le bien-être de tous et ne peut sans crime être tournée contre eux; que les récompenses de l'ètat ne sont point destinées â l'inutilité titrée, à la naissance orgueilleuse, au vice intriguant, à la bassesse rampante, à l'incapacité favorisée; que ces récompenses sont faites pour encourager et payer le mérite personnel, les services réels, les talens véritables, les vertus dont

tenaient asservis au despotisme. On nous dira que c'est par des troubles et des revolutions que ces peuples sont parvenus à se détromper. On répondra que c'est l'esprit tyrannique et persècuteur des Princes, le fanatisme des Prêtres, l'ambition des grands qui ont causé ces troubles, qui eussent été moins grands si les peuples eussent été plus instruits, et leurs guides plus raisonnables. Enfin on répondra que ces peuples, après tout, y ont visiblement gagné, et que des troubles passagers sont plus avantageux qu'une langueur éternelle tout une tyrannie continuée.

VOL. I. FAUT I. N

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